Le château avait essuyé une sacré tempête. Mais il était toujours là. Chacun était parti vivre sa vie, ailleurs. Mais le château continuait d'hanter mon esprit. Je décidais donc de régler mes affaires, chargeais le Picasso et zou ... retour aux sources.
Je me trouvais devant la grille. Le coeur chargé d'émotion, je sortis la grosse clé pour ouvrir le portail. Au moment de l'introduire, je vis que la grille n'était point fermée. Je n'étais donc pas la seule à être revenue. Je ne savais pas qui j'allais trouver ... ou peut-être le château avait-il été victime de vandalisme ? ... Mais non, je sentais que ce n'était pas cela, que quelqu'un avait continué à errer là, attendant, espérant le retour des autres.
J'ouvrais donc les grilles pour passer, et décidais de ne pas les refermer. Il est bon que les gens du village sachent que le château allait revivre.
Je garais le Picasso devant l'entrée principale. Les volets de la porte n'étaient pas fermés. Quelqu'un était donc bien là. Mais lequel d'entre nous ?
Je décidais de revenir plus tard décharger la voiture. Je grimpais le perron, une boule au ventre.
Je pose ma main sur la poignet, elle cède. Le château continue donc à vivre ... Je demande timidement si quelqu'un se trouve ici ... pas de réponse ... je sens la chaleur du feu ... l'odeur ... je me dirige vers le petit salon. Quelle ne fut pas ma surprise ! Des cahiers, des livres étalés, et sur la petite table, et sur le sol ... et là, endormi d'épuisement, notre petit Thomas ... c'était donc lui ... lui qui n'avait pu se résoudre à quitter le château. Je prends le plaid sur le fauteuil et recouvre notre petit poète.
Je retourne doucement sur mes pas ...
J'allais décharger la voiture ... le thé vert, pour son réveil ... le château revivait ... le petit poète avait eu raison de se languir, d'espérer et d'attendre ...
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