Je ne sais combien de temps nous sommes restés ainsi, lui et moi. Je crois que c'est une buche qui, en s'effondrant dans la cheminée, nous ramena à la réalité.
Nous nous sommes assis sur le canapé. Silencieux. Lequel de nous allait prendre la parole ? Ce fut moi.
- Depuis combien de temps étais-tu là ?
- Je ne suis jamais parti.
- Je ne comprends pas, tu n'étais pas reparti au pensionnat ?
- Non, j'ai fait style, et quand vous n'avez plus été là, j'suis revenu. Les gens du village, le maire, tout le monde m'a aidé. Comme ça, le château n'est pas tombé en ruine, j'm'en suis occupé, et j'ai suivi mes cours par correspondance. C'est l'maire qui m'les paye, avec l'accord du conseil municipal.
- J'ai laissé les grilles du château ouvertes, pour que le village sache que le château allait revivre. Mais, je vois qu'il n'a jamais cessé de vivre. J'en suis contente, et en même temps, je regrette de ne pas avoir fait plus attention à toi. Trop égoïste. Allez, un bon thé à la menthe !
- As-tu des nouvelles des autres ?
- Oui, pratiquement tout le monde. Mayou vit avec ses zhoms comme elle dit, et aussi Upper. Gb a rencontré une charmante jeune femme, et ils se sont mariés. Il la soutient dans sa création d'entreprise. Appi et Marie sont toujours aussi amoureux, même plus ...
- Ne dis rien de plus, ne parle pas de Lisa ...
- Alors, on fait le tour du proprio ? Tu me fais visiter ?
Rien n'avait changé, tout était à sa place, propre, comme si tout le monde vivait encore là.
Je me demandais où Thomas avait pris ses quartiers, dans le château. Lui qui vivait dans la cabane du bûcheron, et qui s'était retrouvé sans toit quand celle-ci avait brûlé. Je compris vite qu'il avait choisi un lieu unique de vie. Le petit salon !
Arrivés au pied du grand escalier, c'est le coeur serré que je me décidais à grimper vers le donjon. Plus de Guigui. J'aggripais le bras de Thomas, je me donnais du courage. On souriait de la complicité retrouvée. La porte était fermée à clé. Quels secrets renfermait-elle ?
Je le laissais pénétrer le premier. J'englobais la pièce du regard, me précipitais pour ouvrir une des fenêtres. Tant de souvenirs, d'émotions dans cette chambre. Et puis, je pris un des oreillers et le balançait sur Thomas. Je chassais la nostalgie à coup de bataille de polochons ... il n'était pas en reste ... nos éclats de rire résonnaient. Il n'était plus seul ... Je savais que nous allions rameuter les troupes ... le temps était venu de nous réunir de nouveau ...
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires








Commentaires